Bardeau bitumineux : couvrir un abri ou un garage

Le bardeau bitumineux, aussi appelé shingle, est un petit élément de couverture souple : une armature imprégnée de bitume, recouverte de granulés minéraux, clouée en rangs décalés sur un support de bois continu. Léger, facile à recouper, il habille un abri de jardin, un garage ou un appentis dont la pente reste suffisante.
Au fond d’un jardin des Yvelines, sur une cabane en bois ou un garage indépendant à l’ossature légère, il trouve sa place, à condition de respecter son support, sa pente et son ordre de pose.
Bardeau bitumineux : une armature, du bitume, des granulés
Au cœur de chaque bardeau, une armature, voile de verre ou feutre selon les gammes, assure la tenue. Le bitume l’imprègne et l’enrobe : lui seul rend la pièce étanche. Sur la face exposée, des granulés minéraux protègent ce bitume des ultraviolets et fixent la couleur. Au revers, des points de bitume adhésif, chauffés par le soleil après la pose, collent chaque rang au précédent : c’est le principe du bardeau dit thermocollant.
L’Agence Qualité Construction range le bardeau bitumé parmi les couvertures en pente faites d’éléments discontinus, comme l’ardoise, la tuile ou les bacs métalliques (revue Qualité Construction, juillet-août 2000).
Rectangles, écailles, hexagones : les découpes courantes
- Le modèle rectangulaire, découpé en languettes, trace des rangs droits qui évoquent l’ardoise
- Les bardeaux en écailles, aux bouts arrondis, rappellent les kiosques et les chalets
- Le format hexagonal dessine un nid d’abeille plus graphique
- La version en rouleau, prédécoupée en faux bardeaux, se déroule vite mais offre peu de relief
Abri, garage, appentis : les toits qui lui conviennent
Bien plus léger que la tuile, le bardeau épouse les petits pans et les formes cintrées des abris, garages et ateliers. Sur la maison elle-même, le choix se joue plutôt entre tuile plate ou tuile mécanique.
La pente décide avant le goût
Le texte de pose est le DTU 40.14 (NF P39-201-1), publié par l’AFNOR en mai 1993 et amendé en janvier 2001. Il rassemble les clauses techniques des couvertures en bardeaux bitumés sur supports continus à sous-face ventilée, en France métropolitaine.
Le bardeau travaille par recouvrement : seule l’inclinaison chasse l’eau vers l’égout. Sous la pente minimale fixée par ce texte et par la notice du fabricant, une averse chassée par les rafales s’infiltre entre les rangs. Un toit de garage plat relève donc d’une membrane d’étanchéité, jamais de bardeaux.
Face à la tôle, au bac acier et au rouleau
La tôle ondulée accepte des pentes douces mais résonne sous l’averse et, dans un local fermé, ruisselle de condensation par temps froid. Le bac acier franchit de grandes longueurs sans support continu, avec la même sonorité. Le rouleau bitumé se déroule très vite, pour un rendu utilitaire, et un lé arraché découvre d’un coup une large bande de bois. Le bardeau réclame plus de temps et un plancher complet ; en retour, le toit reste silencieux, se répare pièce par pièce et prend l’allure d’une petite couverture traditionnelle.

Un support continu, ventilé et sec
Voliges jointives ou panneaux de bois
Souple, le bardeau exige un plancher continu. Le voligeage jointif, en planches rainurées et bouvetées, s’adapte aux formes courbes. Les panneaux, OSB ou contreplaqué destinés aux milieux humides, couvrent vite la surface plane d’un abri. Le bois doit être sec et assez épais pour tenir les clous : si votre abri en kit arrive avec des lames de toit très minces, doublez-les d’un panneau.
Laisser l’air circuler sous le support
Un garage fermé ou un atelier chauffé produit de la vapeur d’eau, qui condense au contact du bois froid. Sans courant d’air, panneaux et voliges gonflent, les bardeaux ondulent. Un garage isolé sous rampant demande donc une lame d’air entre l’isolant et le support, ouverte en bas de pente et en partie haute, comme les combles gagnés par la condensation.
La sous-couche, première peau étanche
Une sous-couche bitumée se déroule à l’horizontale depuis l’égout, chaque lé recouvrant celui du dessous. Elle abrite le bois pendant le chantier. En bas de pente et le long des pignons, des bandes métalliques pliées en larmier éloignent l’eau des rives.
Poser les bardeaux rang après rang

La pose suit un ordre immuable :
- Tracer au cordeau des lignes horizontales pour guider chaque rang
- Poser à l’égout le rang de départ, des bardeaux privés de leurs languettes qui ferment les découpes du premier rang
- Caler le premier rang visible sur ce départ, puis monter selon le tracé
- Décaler chaque rang d’une demi-languette, afin que les joints décalés ne s’alignent jamais
- Clouer juste au-dessus des découpes, là où le rang suivant cachera les têtes
- Terminer par les rives, puis par la ligne haute
Clous et colle selon la saison
Les clous galvanisés à tête large s’enfoncent droit et à fleur : trop enfoncé, un clou perce le bardeau ; planté de travers, il le soulève. Leur nombre suit la notice du fabricant, avec un supplément sur un terrain venté.
En été, les bandes adhésives se soudent seules au soleil. En hiver, elles restent inertes, et un point de colle bitumineuse sous chaque languette prend le relais. Évitez les jours de gel, où le bardeau se fend au pliage, comme la canicule, où le bitume ramolli garde l’empreinte des semelles.
Rives et ligne haute face au vent
Sur les pignons, les bardeaux dépassent légèrement de la bande de rive et s’y collent sur toute leur largeur. Au sommet, des faîtières taillées dans des bardeaux entiers se plient à cheval sur l’arête et se chevauchent en partant du côté opposé aux vents dominants. Sur une maison, cette ligne relève d’autres techniques, celles du faîtage d’un toit en tuiles.
Mousses, granulés, coups de vent : entretenir sans abîmer
Sous les arbres, mousses et lichens colonisent vite le versant nord d’un abri. Le DTU 40.14 consacre une annexe normative aux conditions d’usage et d’entretien. Chaque printemps et chaque automne :
- Retirer feuilles et aiguilles, qui gardent l’humidité contre les granulés
- Brosser la mousse à la brosse souple, du faîtage vers l’égout
- Écarter le nettoyeur haute pression, qui arrache les granulés
- Recoller à la colle bitumineuse tout bardeau soulevé après une tempête
- Regarder le fond de la gouttière : un dépôt régulier de granulés trahit une couverture qui s’use
Languettes recroquevillées, bitume noir visible, bords cassants : quand ces signes d’usure se multiplient, une réfection complète vaut mieux qu’une suite de rustines.
Abri de jardin, garage : ce que demande la mairie

Pour un abri de jardin indépendant hors secteur protégé, service-public.gouv.fr (page sur l’abri de jardin, vérifiée le 21 mars 2025) distingue trois cas :
- Jusqu’à 5 m² de surface de plancher et d’emprise au sol, aucune formalité, sauf pour un abri adossé à la maison, soumis à déclaration préalable
- Au-delà de 5 m² et jusqu’à 20 m², une déclaration préalable
- Au-delà de 20 m², un permis de construire
En secteur protégé, la déclaration vaut jusqu’à 20 m², le permis au-delà. Autour des nombreux monuments historiques des Yvelines, un architecte des Bâtiments de France examine teinte et matériau. Le plan local d’urbanisme peut aussi encadrer la couverture ; faute de distance prévue, l’abri se place en limite de propriété ou à 3 mètres au moins.
Sur un garage existant, la page du même site consacrée à la réparation des toitures, vérifiée le 7 février 2025, s’attache à l’aspect extérieur. Passer de la tôle aux bardeaux ou modifier la pente impose une déclaration préalable ; une réfection à l’identique, mêmes matériaux, même couleur, même pente, en est dispensée, sans échapper au PLU.
Pour un garage neuf communicant avec la maison, la page sur les garages (vérifiée le 25 septembre 2026) prévoit une déclaration jusqu’à 40 m² d’emprise au sol en zone urbaine d’un PLU, 20 m² ailleurs, et un permis au-delà.
Avant de commander, mesurez la pente et la surface de votre abri, puis demandez au service de l’urbanisme de votre mairie quelles teintes le règlement autorise.
Bardeaux bitumineux : vos questions
Quel support poser sous des bardeaux bitumineux ?
Un plancher de bois continu, sans jour entre les pièces : voliges rainurées et bouvetées, ou panneaux OSB et contreplaqué prévus pour l’humidité. Le bois doit être sec et assez épais pour que chaque clou tienne sans ressortir. Une sous-couche bitumée s’y déroule depuis l’égout. La sous-face reste ventilée, surtout sous un garage isolé, pour que la condensation n’attaque pas le bois par en dessous.
Quelle pente minimale pour un toit en bardeaux ?
La valeur exacte figure dans le DTU 40.14 et dans la documentation de chaque fabricant, qui précisent les conditions selon le site, l’exposition et le modèle. Retenez le principe : le bardeau se pose sur un toit nettement incliné, jamais sur une toiture plate. Près du seuil, une sous-couche continue et un collage soigné de chaque rang deviennent indispensables. Sous ce seuil, une autre couverture prend le relais.
Comment poser des bardeaux sur un toit de cabanon ?
Vérifiez d’abord que le cabanon offre un plancher continu et solide, quitte à doubler les lames fines d’un kit. Déroulez la sous-couche depuis le bas, fixez les bandes d’égout et de rive, posez un rang de départ, puis montez en décalant les joints d’une demi-languette, chaque rang cloué au-dessus des découpes. Finissez par les rives collées et les faîtières taillées dans des bardeaux entiers, posées dos au vent dominant.
Combien de temps dure un toit en bardeaux ?
Aucune durée ne s’applique à tous les toits : la longévité dépend de la gamme, de la pose et de l’exposition. Un bardeau épais, densément granulé, cloué et collé dans les règles sur un support ventilé tient bien plus longtemps qu’un modèle bas de gamme posé sur des voliges humides. Un brossage doux des mousses et des pièces soulevées recollées aussitôt repoussent la réfection.